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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Reste du monde

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Londres
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Titre : Re : Londres
Créé : 13/03/2026 à 10:26:55 - Modifié : 13/03/2026 à 13:43:57

* Le métro poursuivait sa lente progression dans les entrailles de Londres, ponctuée par le grincement métallique des rails et le souffle régulier du vent qui passait par une fenêtre ouverte du tube. La rame tanguait doucement, bercée par ce rythme souterrain presque hypnotique. Proventus observa un instant les lumières blafardes qui défilaient derrière la vitre, son reflet se mêlant aux ombres mouvantes du tunnel. Un petit sourire étira brièvement ses lèvres à la remarque de la jeune fille. Elle ne croyait pas si bien dire. S’il s’était réellement perdu dans ce labyrinthe de couloirs et de wagons bondés, il aurait fini par transplaner sans la moindre hésitation pour rentrer chez lui.

Il se contenta cependant d’un léger hochement de tête, laissant la jeune fille mener la conversation. Elle parlait avec une assurance tranquille, citant les lignes, les correspondances et les stations comme si elle avait grandi dans les entrailles mêmes du réseau.Proventus, lui, se contentait de réagir par de brèves réponses, ou par un regard vaguement intéressé. Son attention se portait davantage sur une certaine tension qui naissait dans la rame.

La voix nasillarde du haut-parleur grésilla soudain au-dessus d’eux. *

High Street Kensington.

* Quelques voyageurs se redressèrent aussitôt. Certains attrapèrent leurs sacs, d’autres se rapprochèrent déjà des portes avec une certaine impatience. Le mouvement se propagea lentement dans la rame, comme une vague silencieuse. Proventus, lui, n’aurait su dire si cette station marquait réellement leur destination. À vrai dire, il n’avait jamais entendu ce nom auparavant. Pour lui, Earl’s Court aurait tout aussi bien pu être le nom d’un pub, d’un quartier ou d’un club de cricket. Il se contenta donc de rester assis, attendant de voir ce que ferait sa jeune guide. Puis vinrent deux nouveaux venus.

Eux étaient entrés avec le flux des nouveaux passagers, mais leur attitude contrastait avec l’agitation habituelle des voyageurs. Là où les autres cherchaient rapidement une place libre ou un espace où se tenir, ils allaient d'un pas tranquille vers les deux sorciers.

Le premier était large d’épaules, le visage mal rasé, le regard lourd. Le second, plus mince, promenait ses yeux dans le wagon avec une curiosité vague. Leurs manteaux sombres portaient encore les traces de la pluie londonienne, et leurs chaussures résonnaient légèrement sur le plancher métallique à chaque pas.

Ils échangèrent un regard rapide dès qu'ils virent le vieillard et l'adolescente. Sans se presser, ils se frayèrent un chemin entre les passagers et vinrent finalement s’arrêter juste devant eux, suffisamment près pour bloquer presque complètement l’espace. Le wagon continua de vibrer doucement autour d’eux. Personne ne semblait réellement prêter attention à la scène, ou peut-être que, comme souvent dans les transports, chacun préférait simplement regarder ailleurs.

L’homme le plus mince laissa glisser un sourire en coin. Puis, d’une voix traînante, chargée d'un peu d'ironie, il lança : *

Alors Grand-père... on promène sa p’tite-fille ?

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Titre : Re : Londres
Créé : 14/03/2026 à 10:57:34

Un crissement métallique accompagna le ralentissement de la rame. Quelques usagers se redressèrent de leur siège à l'annonce de la station de High Street Kensington, saisirent rapidement leurs sacs ou se rapprochèrent des portes avec cette impatience nerveuse propre au métro londonien ; d'autres se contentèrent de lever la tête vers le panneau lumineux qui indiquait "The next station is High Street Kensington. Please mind the gap between the train and the platform". Le wagon tanguait encore légèrement. Les néons blafards et aveuglants découpaient des reflets pâles sur les vitres, et l'air sentait la pluie, le métal humide et les trajets de fin de journée.
C'était précisément à cet arrêt-là que deux nouveaux passagers, parmi la foule, avaient fait leur entrée.

Willow les observa tour à tour d'un œil blasé. Son visage ne trahissait ni surprise ni gêne -- seulement cette fatigue discrète qu'inspiraient les gens qui se croyaient intéressants après trois mots mal choisis.
Elle tourna ensuite légèrement la tête vers Tal Moundine, l'air de considérer la question une seconde.


J'espère sincèrement que non.

Entre temps, le métro avait repris sa course et un crissement de rail interrompit la jeune fille dans sa lancée. Une fois le bruit passé, ses yeux revinrent sur les deux inconnus.

Ce serait vexant pour lui, mais aussi franchement très désobligeant pour moi.

Sa voix demeura posée, mais assez claire pour traverser le vacarme du métro. Elle croisa ensuite les jambes avec un calme étudié, sans leur accorder plus d'importance que nécessaire.

Ceci dit, si c'est la manière que vous avez choisie pour engager la conversation, vous pouvez encore faire semblant de vous taire.

Un court silence suivit. Enfin, silence, pas tellement. Le crissement intermittent des rails rythmait encore le wagon. La rame continuait de vibrer sous leurs pieds. Quelqu'un un peu plus loin toussa. Willow regarda les deux bonhommes encore une seconde, alors que ces derniers continuaient de scruter les deux Serpentard. Son attention glissa alors vers Proventus.

Vous les connaissez, ces gus, ou ils sont désagréables gratuitement avec tout le monde ? Remarque, si je puis me permettre, ils vous ressemblent sur ce point. Leur sens de l'amabilité ne doit pas beaucoup vous dépayser.

Ce fut à ce moment que l'une des voix automatiques du métro décida de résonner une nouvelle fois, comme si elle avait vu ce qui se tramait dans son wagon : "If you see something that doesn't look right, speak to staff or text the British Transport Police on 61016. We'll sort it. See it. Say it. Sorted." La jeune prodige se fit la réflexion à cet instant que oui, quelque chose n'allait pas...

© Mily la plus belle
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Serpentard
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Titre : Re : Londres
Créé : 16/03/2026 à 15:35:54

Oui tout à fait, ce n'est pas ma...

* Alors que Wilhelmina continuait de déblatérer avec un aplomb presque désarmant, soutenant sans ciller le regard des deux malotrus, Proventus ne put s’empêcher de se demander si cette attitude relevait d’un courage qu'on aurait pu qualifier d'admirable si elle avait été répartie dans une autre maison, ou d’une inconscience remarquable. Peut-être la jeune fille plaçait-elle une confiance absolue dans la présence du directeur de maison à ses côtés, ce qui aurait dû le flatter. Ou peut-être était-elle simplement incapable d’évaluer correctement la situation, ce qui, pour quelqu’un que l’on disait si brillante, aurait été nettement plus inquiétant.

Quoi qu’il en soit, ce ne fut pas la tirade de Wilhelmina qui attira l’attention du vieux sorcier, mais un détail plus discret. Un simple morceau de bois qui dépassait de la poche d’un des hommes.

Dans le reflet tremblant de la vitre du wagon, derrière eux, l’objet se dessinait plus clairement que dans la lumière directe, comme si la surface sombre révélait ce que les néons blafards tentaient encore de dissimuler. Proventus n’eut pas besoin de l’observer longtemps pour comprendre ce qu’il voyait. Ces hommes n’étaient pas de simples voyous venus importuner les honnêtes familles qui avaient eu la mauvaise idée de prendre le métro par une soirée pluvieuse.

Il y avait quelque chose de bien plus précis dans leur manière de se tenir, dans la façon dont ils s’étaient placés autour d’eux, et surtout dans ce bois grossier qui dépassait de leur poche. *

Non, je crois que vous n'avez pas bien compris.

* Les deux hommes échangèrent un regard, puis écartèrent légèrement leurs vestes, juste assez pour laisser apparaître la poignée de ce que Proventus avait déjà deviné. Les baguettes n’avaient rien de particulièrement remarquable : le bois était simple, un peu terni, entouré par endroits de quelques anneaux de cuir destinés à renforcer une prise sans doute trop usée. Des baguettes fonctionnelles, brutales, presque anonymes. Mais des baguettes tout de même.

Pendant ce temps, ils s’étaient rapprochés encore, lentement, avec une tranquillité pesante. Leurs statures imposantes formèrent bientôt un écran entre eux et le reste de la rame. Quelques moldus se tenaient encore plus loin dans le wagon, absorbés dans leurs journaux ou leurs téléphones, inconscients de ce qui se jouait à quelques mètres d’eux. Mais les deux hommes avaient pris soin de masquer la scène, leurs épaules larges coupant les lignes de vue et enfermant presque complètement Proventus et Wilhelmina dans ce petit espace de tension. *

Ce n'était pas une question : Grand-père, tu promènes ta p'tite fille, et tu viens avec nous. On sort à la prochaine.

* Sous la lumière froide des néons, Proventus resta parfaitement immobile. Son regard passa brièvement d’un homme à l’autre, mesurant leurs gestes, leur posture, la distance qui les séparait des portes du wagon. Sa main aurait pu atteindre sa baguette en un instant, mais un sort lancé ici, dans une rame remplie de moldus, risquait de provoquer bien plus de complications qu’il n’en résoudrait. À sa gauche, il espérait surtout que la jeune fille n’aurait pas la mauvaise idée de tenter quelque chose d’héroïque. *

The next station is Notting Hill Gate. Please mind the gap between the train and the platform.

* Le train ralentissait déjà, et dans la vibration sourde des rails qui freinaient, le temps sembla soudain s’étirer, chaque seconde devenant plus lourde que la précédente, comme si l’instant lui-même hésitait à franchir la distance qui les séparait encore du quai. *

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Serpentard
5e année
Titre : Re : Londres
Créé : 20/03/2026 à 11:02:34

Les portes s'ouvrirent dans un souffle sec sur Notting Hill Gate, laissant entrer un air plus frais empreint d'odeurs de métal et d'humidité. Willow descendit sans se presser, le pas assuré, comme si elle avait atteint sa station. Le quai était relativement calme. Quelques silhouettes s'éloignaient déjà vers les escaliers, d'autres attendaient, immobiles, les yeux rivés sur les panneaux lumineux. L'éclairage éblouissant des néons découpait les contours, accentuait chaque mouvement et chaque présence un peu trop proche.

Par ici.

Elle suivit donc sans discuter. Les deux guignols s'étaient positionnés de manière à encadrer la trajectoire, sans contact direct, mais avec une précision suffisante pour rendre toute alternative peu naturelle. La jeune fille ajusta son rythme au leur. Son regard balaya brièvement les alentours : les sorties indiquées en hauteur, les CCTV fixées aux angles du plafond, le flux irrégulier des gens qui traversaient l'espace sans leur prêter la moindre attention.

Vous avez prévu de nous dire où on va, ou c'est censé rester un mystère jusqu'à la fin ?

Le silence qui s'ensuivit confirma ce qu'elle avait déjà compris. Elle ne chercha pas à insister, même si, fidèle à elle-même, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. À côté, Tal Moundine ne disait pas grand-chose non plus. La prodige se contenta d'avancer, un peu plus en retrait cette fois, laissant volontairement un écart minime se creuser. Ses gestes restaient mesurés, sans nervosité apparente, comme si tout relevait encore d'un simple déplacement.

Avance.

Elle tourna à peine la tête vers celui qui venait de lui parler et le fusilla brièvement du regard.

Je marche déjà.

Sa voix n'avait n"anmoins rien de provocant. C'était simplement un constat.
Un couple passa entre eux à ce moment-là, brisant l'alignement du petit groupe. Willow ralentit histoire que la distance change sans que cela paraisse volontaire. Le mouvement se fit alors naturellement, porté par le flux autour d'eux.


Si c'est après lui que vous en avez, j'ai rien à voir avec ses affaires. Ça me concerne pas.

La Serpentard avait désigné son directeur de maison du menton en prononçant ces mots. Elle poussa un long soupir.

Tsss, mon père en entendra parler.

L'un des gus tourna légèrement la tête vers elle ; son regard s'était durci.

Eh, la p'tiote, tais-toi un peu, ça nous fera des vacances.

Au loin, la sortie de la station se profilait, marquée par le passage de plus en plus dense des Londoniens et les panneaux qui continuaient d'indiquer la direction à suivre pour sortir.

D'accord. Un battement. Dans ce cas, il va falloir être plus efficaces.

De façon totalement imperceptible, la vipère modifia sa trajectoire en se décalant d'un pas sur le côté. Ce n'était rien de brusque ni d'ostensible, mais c'était fait de façon à ce que leur formation se resserre et se réajuste autour d'elle. Son regard croisa celui de son pseudo-grand-père pendant une seconde. Mais l'intention était là, claire.

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Serpentard
5e année
Titre : Re : Londres
Créé : 05/05/2026 à 02:50:49

* Cela faisait déjà maintenant un petit temps qu'ils erraient dans la station, dans le flot de Moldus. Ils étaient particulièrement grands par rapport au professeur, qui n'était pourtant pas un nain, et par rapport à la jeune fille. Et particulièrement costauds. Et particulièrement avec une baguette qui leur était braqué dessus. Et partculièrement dangereux alors qu'il avait avec lui une élève de sa propre maison. Il était théoriquement en vacances, mais il était aussi complètement persuadée que la professeur Moore réussirait à lui mettre la blessure, ou la mort, d'une élève sur le dos peu importe qu'il soit en service ou non. Autant d'éléments qui ne plaidaient guère en faveur d'un coup d'éclat dont il avait pourtant, par ailleurs, et depuis longtemps, la technique et le goût.

Il ralentit doucement le pas, se mettant légèrement en retrait, à proximité de celui qui le maintenait en joue, et observa en silence l'échange, ajoutant ainsi, sans effort particulier, à la tension ambiante qui régnait déjà autour et à l'intérieur du petit groupe de sorciers.

Il fallait bien reconnaître qu'au-delà de la menace qu'ils représentaient, ces deux individus forçaient une certaine... admiration. Ils avaient presque réussi à couper le sifflet à la jeune fille qui l'accompagnait dans cette après-midi somme toute originale. On pouvait dire ce que l'on voulait sur les kidnappeurs, et les adultenappeurs, anglais, mais ceux-là avaient eu vite fait de comprendre à qui ils avaient affaire. La façon dont ils avaient intimé à Wilhelmina de se taire rendait le directeur de maison presque admiratif. Sans doute devrait-il s'en inspirer une fois de retour au château. Traumatiser les enfants semblait visiblement dans leurs cordes, dommage qu'il ne pût pas les engager comme consultants dans la salle commune, il était persuadé d'avoir beaucoup à apprendre d'eux. Mais l'heure n'était pas aux leçons. Du moins pas à en recevoir.

Le naturel de Wilhelmina, cependant, revint au galop avec une impertinence de bon aloi. Bien la fille de son père... Si seulement elle avait hérité un tant soit peu du jugement de sa mère, le monde s'en serait mieux porté, et leur petite escapade aurait été nettement moins incertaine. Il remarqua cependant l'oeillade jetée en sa direction, et la légère inflexion qu'elle donna au groupe en se rapprochant, imperceptiblement, de lui. Le ralentissement et son repositionnement semblaient se rencontrer en un point parfait. Il allait pouvoir l'attraper. *

Accrochez-vous !

* Ce ne fut qu'un tourbillon. Le temps sembla se suspendre l'espace d'une fraction de seconde, le temps, précisément, de refermer la main autour du poignet de la jeune fille. Derrière eux, leurs accompagnants avaient, au gré de la balade, relâché leur attention d'un tant soit peu. Juste assez. Les cris et les exclamations qui s'ensuivirent lui parvinrent comme étouffés, déjà lointains, pendant qu'il priait pour qu'aucun des deux n'ait le réflexe de lancer un sort avant que le processus ne soit achevé. Les trois D. On les enseignait encore à Poudlard, si sa mémoire était bonne. Décision, ça, c'était réglé. Détermination, également. Destination... C'était un peu plus flou. Quoi qu'il en soit, le monde se comprima d'un coup, et le mélange de corps disparut.

Dans les couloirs courbes de la station, les néons continuèrent de grésiller, indifférents, et le bourdonnement sourd du métro reprit ses droits sur le silence qu'ils venaient de laisser derrière eux. *

Please keep your belongings safe, pickpockets operate at this station

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Serpentard
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Titre : Re : Londres
Créé : 09/05/2026 à 14:20:18 - Modifié : 09/05/2026 à 15:54:00

Le monde s'était comprimé, tordu, avalé - et recraché. Willow atterrit sur le bitume mouillé dans un bruit sourd, un genou à terre, la main de Tal Moundine encore serrée autour de son poignet. Elle resta immobile une seconde, à plat, le temps de laisser ses sens se réorienter. Une ruelle, avec des rames de métro de l'autre côté du grillage. Des briques sombres luisantes de pluie, l'odeur froide de pierre mouillée et un lampadaire qui grésillait à mi-hauteur sans vraiment éclairer grand-chose.
Elle se releva lentement. Elle avait déjà transplané, deux ou trois fois, avec ses parents. Elle n'avait jamais vraiment aimé cela. Cette sensation d'être retournée comme un vêtement dans une essoreuse, d'exister une fraction de seconde entre deux endroits sans vraiment exister nulle part - trop de pression partout à la fois, puis plus rien, puis le sol. Là, c'était exactement pareil. La compression dans les tympans, cette espèce de goût de ferraille au fond de la gorge, cette impression fugace et désagréable d'avoir laissé quelque chose derrière elle dans le souterrain, sans savoir quoi.
Ses doigts remontèrent machinalement jusqu'à son poignet gauche, à l'endroit où la prise du directeur de maison avait été la plus ferme au moment du départ. Elle était entière. Elle vérifia quand même, comme on passe une main rapide sur ses poches pour s'assurer que l'on n'a rien égaré.

La pluie reprit doucement au-dessus d'eux. Un bruit de voiture se fit entendre au loin, légèrement étouffé par les briques, puis plus rien. La ruelle était bien calme par rapport aux néons et au bourdonnement perpétuel du métro qu'ils venaient de quitter.
La Serpentard s'avança jusqu'au bout de la ruelle, qui donnait sur la rue principale. On aurait dit Chiswick - ils avaient transplané jusqu'à Chiswick. Pourquoi Chiswick ? Sûrement parce que c'était un quartier posh, tranquille, safe, où il se passait rarement quelque chose. Elle prit une longue inspiration par le nez. Ses yeux se posèrent finalement sur M. Tal Moundine.


Ce serait peut-être le moment de m'expliquer ce que c'était que ça, vous pensez pas ?

Sa voix était étrangement posée, en dépit de la situation qu'ils venaient de vivre. Mais sous la neutralité du ton, quelque chose d'inhabituellement tendu persistait ; une légère rigidité dans la mâchoire, un regard un peu trop précis pour être aussi calme qu'il en avait l'air. Bien sûr qu'elle voulait s'énerver contre le directeur de maison et lui rentrer dedans frontalement, mais elle n'oserait malheureusement pas. Enfin, pas autant qu'elle le souhaiterait. C'était peut-être cela qui la différenciait de son père, au final : à sa place, lui n'aurait pas hésité une seconde à rentrer dans le lard de Proventus. Manquerait plus que ce dernier lui colle une semaine entière de retenue dès la rentrée - pour quelque chose dont il était très probablement responsable, qui plus est. Elle laissa ses yeux balayer rapidement les deux extrémités de la ruelle avant de revenir sur lui.
Ces deux types... Elle ne pouvait s'empêcher d'y revenir malgré elle, depuis le quai, depuis la station, depuis le moment où ils s'étaient installés devant eux avec cette tranquillité pesante qui n'avait rien d'anodin. En plein Londres, dans les entrailles du métro moldu, avec des baguettes sur eux. Qui avaient l'air de savoir exactement qui ils cherchaient... Ce n'était pas une mauvaise rencontre, pas une coïncidence, pas deux malfrats qui racolaient au hasard des wagons. Ils avaient regardé le vieil homme d'une façon bien trop précise pour cela. Et ce reflet dans la vitrine, plus tôt - elle y repensa seulement maintenant, et la connexion lui parut presque évidente.
Il y avait donc un rendez-vous à Great Portland Street, une silhouette qui les suivait peut-être depuis South Kensington, et deux hommes armés qui avaient surgi exactement au bon moment. Et tout cela alors qu'elle cherchait seulement à se promener et à prendre l'air, à la base... Pas à se retrouver au cœur d'un guet-apens en compagnie de Tal Moundingue.


Ces deux bonshommes, ils vous cherchaient ? Elle marqua une micro-pause, les yeux toujours sur lui. Parce que, sauf erreur de ma part, ça ressemblait franchement pas à une rencontre de hasard. Et votre pseudo-rendez-vous, là - c'est lié ?

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Serpentard
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Titre : Re : Londres
Créé : 14/05/2026 à 16:14:19

Ne vous en faites pas, je ne vous ai pas pris votre montre.

* Il la regardait se toucher le poignet, les doigts cherchant machinalement le bracelet, comme si elle venait de perdre quelque chose d'irremplaçable. Ce geste-là, il le connaissait bien, ce réflexe du corps qui vérifie ce que l'esprit n'a pas encore eu le temps de comprendre. Il ne l'avait pas serrée si fort que cela, non. À peine une pression, le temps d'un battement de cœur, le temps de traverser.

Par contre, il ne savait pas avec certitude où il était arrivé. Il connaissait un peu Londres, quelques rues, quelques toits, la couleur particulière du ciel au-dessus de la Tamise, mais si seulement il avait eu le temps de réfléchir un peu plus à leur destination, sans doute aurait-il choisi autrement. S'il avait eu le choix, aussi. Il lui restait à voir quelqu'un. Mais non, le choix lui aurait-il été donné, il aurait choisi quelque chose d'un peu plus lointain, sans doute. Paris, peut-être. Ou Lisbonne. Voire Pré-au-Lard, qui sait. N'importe où qui n'aurait pas risqué d'être reconnu, et avec un peu de soleil.

Le léger sentiment de nausée qu'il expérimentait toujours lorsqu'il venait de transplaner le saisit, comme d'habitude. cette sensation désagréable d'avoir laissé ses entrailles quelques secondes en arrière, et d'attendre qu'elles le rejoignent. Il s'y était habitué, avec les années, sans jamais vraiment s'y résoudre. Mais les douces gouttes de pluie du ciel londonien vinrent le rasséréner, fraîches sur son visage, réelles, ancrées dans ce monde-ci. Il ferma les yeux une seconde. Il était là. Ils étaient là.

Il rouvrit les yeux sur elle. Lui devait-il vraiment une explication ? N'était-elle pas simplement tombée au mauvais endroit au mauvais moment, victime de la sympathie dont elle avait fait preuve envers son directeur de maison, de cette petite bonté ordinaire qui lui avait valu de se retrouver là, trempée sous la pluie londonienne ? Il observa son visage. Elle le regardait avec quelque chose qui ressemblait davantage à de la stupéfaction qu'à de la peur, et il lui en fut, malgré lui, un peu reconnaissant.

Devait-il avouer l'avoir emmenée comme bouclier, ou pire, comme monnaie d'échange si les choses avaient mal tourné, si tout n'était pas allé dans son sens ? Dès qu'il l'avait vue dans la rue, il se doutait que quelque chose n'irait pas comme prévu. Mais cette pensée-là, il préférait la garder pour lui. Certaines vérités ne rendaient service à personne.

Il passa la main dans ses cheveux mouillés et laissa son regard dériver un instant sur la rue. Il était évident que les personnes venues le chercher savaient quel métro il prendrait, savaient qui il chercherait à voir. Elles n'avaient pas agi au hasard. Ce n'était pas le genre de coïncidence qui existait dans son monde. Il espérait sincèrement que rien de grave n'était arrivé à son contact, à supposer, bien entendu, que ce dernier ne fût pas précisément celui qui avait mandaté les gros bras. Cette éventualité-là, il n'était pas encore tout à fait prêt à l'envisager en face. Il tourna la tête vers elle avec ce qui voulait passer pour un sourire rassurant. *


Croyez bien que j'aurais aimé savoir qui étaient ces gens. Bon, sauf erreur de ma part, nous ne devons pas être très loin de Great Portland Street, non ?

* Il en doutait sincèrement. Il n'avait aucune idée d'où ils étaient. *

Vous avez de bonnes questions, cela dit...

* Et puis il s'arrêta, comme si quelque chose venait de lui revenir, une pensée secondaire, un détail qu'il avait failli omettre par simple courtoisie. *

Ah. Et pour le rendez-vous, le lien avec ces messieurs, vous avez tout à fait raison, ce ne devait pas être le fruit du hasard. La preuve, c'est que l'un d'entre eux est encore là.

* Il y eut un silence. Dans le caniveau humide,à une vingtaine de mètres, l'homme était allongé sur le dos, les membres à des angles que la nature n'avait pas prévus. La pluie fine dispersait lentement ce qui s'échappait de lui le long du ruisseau. Il avait attrapé la veste de Proventus. Il avait dû lui sembler, sur le moment, que c'était une bonne idée. *

Si vous voulez en savoir plus sur ses employeurs, que diriez-vous d'aller lui poser la question pendant que je regarde par où aller et quoi faire, hein ?

* Il avait déjà sorti quelque chose de sa poche, un petit objet où dansait un ours miniature fantômatique, qu'il consultait d'un œil distrait. *

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5e année
Titre : Re : Londres
Créé : 21/05/2026 à 12:22:18 - Modifié : 21/05/2026 à 15:09:12

La pluie n'avait pas attendu qu'ils reprennent leurs esprits pour continuer à tomber. Elle tombait sur les briques, sur les pavés, sur les épaules de son manteau avec cette constance un peu rassurante des choses qui ne se soucient pas du reste. Willow resta immobile quelques secondes, les épaules légèrement rentrées, et laissa le silence de la ruelle faire son travail. Ses yeux dérivèrent un instant sur la rue au bout : les fenêtres allumées des maisons d'en face, les façades géorgiennes bien ordonnées, un chat qui traversait le trottoir sans se presser. Chiswick avait cette qualité-là ; rien n'y semblait jamais tout à fait urgent. Tout ce qu'il y avait de plus familial. Il y avait quelque chose d'absurde là-dedans, cette normalité qui persistait à quelques mètres seulement de ce qui venait de se passer, et elle laissa l'adrénaline redescendre à son propre rythme. Ce genre de chose ne se commandait pas, elle le savait.
Sa montre. Elle baissa brièvement les yeux vers son poignet gauche. La montre était là, bien sûr - il n'y avait aucune raison qu'elle ne le soit pas, et pourtant c'était la première chose qu'elle avait vérifiée en atterrissant, avant même de s'assurer qu'elle avait encore ses deux bras. Difficile de dire si c'était rassurant ou légèrement pathétique. La Serpentard prit une longue inspiration. Elle repensa au "Vous avez de bonnes questions" lâché un peu distraitement, et ne sut pas trop quoi en faire. Elle ne savait pas trop si c'était un compliment ou une façon polie de ne pas répondre. Avec lui, la frontière était rarement évidente. Elle finit par tourner les yeux vers le Gardien des Lieux, qui semblait avoir déjà remis de l'ordre dans ses priorités.


Sauf erreur de ma part - et là, pour le coup, je sais que j'en fais pas - on est à Chiswick. Ce qui est, géographiquement parlant, à peu près tout ce qu'il y a de plus éloigné de Great Portland Street sans quitter Londres. Un peu moins d'une heure en métro.

Willow suivit le regard de Tal Moundine. Un silence passa - assez long pour que la pluie fine ait le temps de former de petits filets sombres le long du caniveau.
Elle observa la silhouette allongée une seconde. Les membres avaient des angles que personne n'aurait choisis. Ce qui s'échappait de lui se diluait lentement dans l'eau de pluie, et ça, elle préféra ne pas trop s'y attarder. Elle détourna les yeux avec cette espèce de calme que l'on adopte quand on décide que certaines choses ne méritent pas plus grande attention. Elle avait vu, et c'était bien suffisant.

Ce fut à ce moment qu'elle réalisa que le transplanage avait dû l'embarquer avec eux. Ou plutôt, qu'ils avaient transplané avec lui aussi. Elle ne savait pas trop si c'était intentionnel ou non, et franchement, elle n'était pas certaine de vouloir le savoir.
Son regard revint sur son directeur de maison, qui consultait déjà ce petit objet avec une nonchalance assez déconcertante vu les circonstances.


Avec tout le respect que je vous dois...

La jeune prodige marqua une pause, les yeux sur lui, souriante à peu près autant qu'une porte à Azkaban. Son regard était parfaitement neutre - enfin, ce genre de "neutre" qui n'avait rien de neutre.

... vous avez vraiment l'intention de m'envoyer interroger un bonhomme, qui est manifestement en train de die dans un caniveau ? Parce que, bon, si c'est le cas, je vous suggère plutôt d'y aller vous-même. Elle inclina très légèrement la tête, avant d'ajouter, avec son sarcasme habituel : En plus, vous semblez bien mieux équipé que moi pour ce genre de conversation...

Elle glissa les mains dans ses poches et se tut. Ses yeux dérivèrent une dernière fois vers la silhouette allongée, puis vers Proventus. La pluie s'était un peu intensifiée. Dans la ruelle, les petits filets sombres le long du caniveau avaient grossi, et l'eau continuait son chemin, indifférente, vers les grilles d'évacuation.

Et j'ai quatorze ans, by the way...

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